Comment a évolué le parfum au cours du temps ?

LES ESSENCES


 

  

 

 

Les matières premières végétales proviennent de tous les coins du monde. Cela permet une plus large palette d’odeurs. Parmi les matières premières végétales, il y a les fleurs : ce sont les produits les plus utilisés et aussi les plus exploités. En effet les bourgeons, les pétales, les boutons, les racines, les feuilles ou les tiges sont utilisés selon la variété.

  •     La plus connue est la Rose de Mai (rosa centifolia), que l’on cueille à l’aube en raison de l’intensité de son parfum durant cette période de la journée. Elle a une senteur chaleureuse, très florale, douce et légèrement boisée, avec des notes poivrées et un arrière-goût de miel. Elle a un effet narcotique. Cette rose est essentiellement cultivée à Grasse, qui se trouve dans l’arrière pays niçois, mais aussi au Maroc, en Bulgarie et en Turquie.
  •    Une autre fleur très utilisée : le Jasmin. Les parfumeurs expérimentés disent qu’il n’y a pas de très bon parfum sans jasmin. Il a une odeur florale, chaude, riche et très puissante avec des notes sous-jacentes rares qui associent la cire, l’herbe, le fruit et le thé. C’est cette fleur qui a fait la réputation de Grasse, ville qui est aujourd’hui la capitale du parfum et de la production de matières premières pour les parfums. Le jasmin provient également de l’Espagne, de l’Afrique du nord et de l’Inde. 
  •    La Tubéreuse, autre grand nom des matières premières végétales, a été ramené du Mexique en Europe au XVIIème siècle. Elle est aujourd’hui très cultivée en Inde, mais auparavant elle était produite à Grasse. La tubéreuse à une odeur capiteuse qui constitue la note de cœur. Il faut donc l’utiliser avec parcimonie dans l’odeur et la composition des parfums.  Cette plante entre dans la composition de Poison, par Christian Dior. La maison Caron, qui vend des parfums de luxe, puisqu’elle ne propose que des parfums à base d’essences naturelles rares comme la rose et le jasmin, l’utilise également dans son dernier opus Tubéreuse, créé en 2003 par Richard Fraysse.
  •      LIris est, comme les trois dernières fleurs, une fleur noble. Contrairement aux autres fleurs, celle-ci est utilisée pour son rhizome et non pour ses pétales.

 

 

 

 

 

                       

     Roses de Mai venant de Grasse                Jasmin d'Arabie                        Une fleur de Tubéreuse                         Un rhizome d'Iris

                

  •    La Fleur d’oranger, fleur de la virginité, est aussi une matière première végétale. Elle est cultivée en Provence, en Italie et en Egypte. L’odeur de la fleur d’oranger amère est intensément florale, lourde, chaude, riche et durable. Son effet est exaltant et c’est un fixateur naturel. On peut l’utiliser dans toutes sortes de parfums : des senteurs orientales plutôt lourdes aux eaux de Cologne légères.  Lorsqu’on la distille, la fleur d’oranger donne naissance à une essence recherchée : le néroli. L’eau que l’on obtient pendant ce traitement est l’eau de fleur d’oranger.
  •     La Lavande, cultivée dans des champs sur les plateaux de Haute Provence, est aujourd’hui plus utilisée pour élaborer des parfums masculins.
  •    Le Mimosa est une fleur sans pétale et ses petites boules jaunes sont composées d’étamines. Cette fleur, également cultivée à Grasse, y est caractéristique des environs à la fin de l’hiver.
  •    LYlang-Ylang, fleur de la volupté, provient d’arbres, du même nom, noueux et typiques des paysages du pourtour de l’Océan Indien comme par exemple l’archipel des Comores, les îles Maurice, l’île de la Réunion et de Madagascar…
  •    Les narcisses, symbole d’égoïsme, viennent d’Europe centrale, d’Afrique du Nord et d’Asie et les principaux pays producteurs sont la France (surtout en Auvergne), le Maroc et l’Egypte. Celui que l’on utilise en parfumerie, surtout en parfumerie de prestige, est le Narcissus poeticus. Ce narcisse a une odeur forte, terreuse, aromatique comme le foin.

 

 

 

 

 

  

        Une fleur d'oranger                 Champ de Lavande        Les boules du Mimosa        Une fleur d'Ylang-Ylang         Le Narcissus poeticus

 

  •    Les fleurs ne sont pas les seules matières premières végétales : il y a aussi les fruits. Mais pour l’essentiel se sont les agrumes qui sont utilisés, sinon se sont des produits de synthèse. La famille olfactive qu’ils constituent est appelé hespéridés. Cette famille olfactive est très présente dans les eaux de Cologne. On y trouve les différentes variétés de citrons et d’orange comme la limette et la bergamote.

 

 

 

 

 

                                                                          Une bergamote                                                                                                               Une limette 

  •    Il y a enfin de nombreuses autres matières premières végétales : depuis les arbres jusqu’à d’autres herbes plus modestes. Pour les arbres ou arbustes on utilise l’écorce ou le bois. On peut prendre l’exemple de la cannelle, du santal, du cèdre, du bouleau, et du gaïac. On utilise également la résine : c’est ce que l’on fait pour l’encens, la myrrhe, le benjoin. Pour les plantes, on les prend telles quelles, comme pour le romarin. Ou bien on préfère leurs feuilles : c’est le cas pour le patchouli ou la verveine. On peut aussi préférer leurs racines : par exemple pour le vétiver et le gingembre, ou encore leurs graines pour la cardamome, la coriandre et la fève tonka.

 

 

 

 

 

   Bois de Santal                       Résine de myrrhe           Romarin          Feuilles de Verveine         Gingembre             Graines de Cardamome

 

 

 

 Les matières premières animales sont beaucoup moins nombreuses que les végétales : on compte  six essences animales pour la confection de parfums. Mais aujourd’hui on les utilise sous forme synthétique, pour des questions réglementaires et éthique. Cela freine l’emploi de ces matières lorsqu’elles sont naturelles. Ces essences ont un rôle fixateur et on les trouve surtout dans les parfums masculins.

  •    Tout d’abord il y a le musc : c’est une sécrétion produite par un cervidé mâle appelé chevrotin porte-musc, sous forme de grains très odorants. Le chevrotin du Tibet, afin d’attirer la femelle pendant les périodes de reproduction, produit du musc. Autrefois on le tuait pour récupérer ses glandes. Mais pour protéger l’espèce, la chasse et l’exportation du musc sont interdite et très réglementée. C’est pour ces raisons que désormais le musc est produit synthétiquement ce qui le rend aussi moins cher.
  •    Ensuite, il y a le castoréum. Il provient des glandes du castor qui sont situées entre l’anus et les parties génitales des castors, mâle comme femelle. Cette substance sert à imperméabiliser la fourrure du castor, donc c’est un produit plutôt huileux.
  •    La civette est une sécrétion, semblable à du miel, produite par l’animal du même nom. Pour l’obtenir il faut faire un curetage, c'est-à-dire nettoyer certains organes intérieurs, ici ce sont les glandes situées sous la queue de l’animal. Pour ces trois premières substances, elles sont surtout utilisées pour la confection des parfums masculins.
  •    On utilise également les calculs intestinaux, rejetés naturellement par le cachalot : c’est l’ambre gris. On recueille ces calculs le plus souvent sur les plages de l’Océan Indien et de l’Océan Pacifique, après qu’ils aient errés sur les flots pendant plusieurs mois.
  •    Les abeilles, dans leur ruche, sécrètent également une substance appelée cire d’abeille. On obtient le produit final par extraction sous forme d’absolue grâce à des solvants volatils qui produisent une concrète donnant l’absolue lorsqu’elle est lavée à l’alcool, encore appelée absolue de brèche d’abeille.
  •    Il y a enfin l’hyraceum, utilisée en parfumerie et médecine traditionnelle, qui est produite par un petit mammifère d’Afrique du Sud appelé Daman du Cap. Cette substance est en fait une pierre d’un brun sombre que l’on a traité sous forme de teinture, ou par dissolution dans des solvants comme l’alcool. Cette pierre se forme après plusieurs siècles par pétrification de l’urine, riche en phéromones, déposée toujours au même endroit par les membres d’une colonie.

 

 

 

 

 

La glande du chevrotin et le musc                                              Une civette                                   De l'ambre gris          Les pierres à l'origine de l'hyraceum

 

 

                                                           

                                                               Les glandes du castor

                                                            produisant le castoréum

 

 

 

 

  Aujourd'hui nos parfums sont majoritairement créés à partir de matières premières synthétiques car elles réprésentent des avantages économiques, permettent la protection de la faune et de la flore, et une production continuelle, ce qui n'est pas le cas avec la culture des fleurs.

 

  •        On peut synthétiser toutes les matières prémieres que nous avons vues précédemment. Il faut simplement connaitre les molécules qui composent cette matière, puis grâce à des réactions chimiques spécifiques, la synthèse peut-être réalisée.

 

 

  • Dans le cas du muguet et du lilas par exemple, on ne peut obtenir leurs fragrances qu'à partir d'une synthèse. Leur extraction est maintenant possible mais trop coûteuse et trop longue à réaliser.

 

 

  • Mais au contraire, les chimistes ne sont pas capables de reproduire l'odeur du patchouli.

 

  •  Grâce à ces synthèses, les chimistes peuvent créer des nouvelles odeurs, qui sont donc totalement inédites , à partir des molécules connues trop coûteuse à fabriquer ou trop difficile a se procurer (surtout pour les essences animales), qui n’existent pas à l’état naturel: on a ainsi créé des milliers de nouveaux composants, ce qui a permis de passer de 300 à plus de 4000 odeurs différentes.

 

 

  • On peut également prendre l’exemple de la vanille, qui est très utilisée. Dans la vanille l’espèce odorante majoritaire, que l’on appelle le principe actif, est la vanilline. Dans les gousses de vanille on en trouve seulement 2% donc son extraction ne serait pas suffisante pour couvrir les besoins mondiaux. C’est pour cette raison que l’on a décidé de réaliser la synthèse de la vanilline à partir de la lignine. La lignine est un sous produit de la fabrication du papier. On obtient alors exactement la même molécule mais 300 fois moins chère.  

 

 

 

 

 

                         Grâce aux synthèses, les odeurs du muguet et du lilas                                          La lignine permet de synthétiser la

                                ont pu être ajoutées à la pallette du parfumeur                                                     vanilline grâce à hémisynthèse 

             

  

 

 

 

 

 

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